Portraits de femmes : Nathalie de Oliveira

Inès Corinto

           Nathalie De Oliveira est née il y a 38 ans, le 16 novembre 1977, à la maternité Sainte Croix, sur la Colline de Sainte Croix, lieu de tous les croisements et où est née Metz. Elle est née de parents portugais de condition ouvrière.Le premier contact avec l’altérité est prénatal puisque celle-ci à un frère jumeau. Un premier combat pour prendre du poids, bien se battre pour pouvoir prendre la place qui est la sienne. Très tôt Nathalie à l’intuition qu’une vie « différente » l’attend. Au sein de sa famille, elle reçoit une éducation qui, dès son plus jeune âge forge une conscience sociale, liée aux injustices et aux déterminismes de la naissance et qui vont façonner une vision du monde et d’être au monde. Les origines étrangères de ses parents ont porté des exigences plus hautes,- confie-t-elle. Il fallait être soigné, attentif, travailleur, dans la plus grande discrétion, dedans comme dehors. Elle m’a raconté également que les femmes de son entourage ont toujours été actives, que ce soit dans le milieu professionnel comme associatif. Peu importe la tâche mais, surtout, bien l’accomplir, y compris en faisant des ménages. La cellule familiale et proche, dans laquelle Nathalie a évolué est un modèle plutôt égalitaire où femmes et hommes ont travaillé et engagés, au cours de leurs vies, jours ouvrés ou non, ce qui a préparé un goût prononcé pour l’engagement et le militantisme politique. En 1993, elle est naturalisée française. Ce fut un grand moment de joie pour elle. Pour son père, en tout particulier, dont la signature de François Mitterrand sur le décret de naturalisation avait suscité beaucoup de fierté. Ainsi a pu commencer son « histoire française »ml, sur le papier. La peur de la discrimination s’éloigna et l’espoir d’apporter beaucoup à la France aussi. Depuis une prépa Lettres et Langues, la littérature et la poésie engagées font entièrement partie de sa vie pour continuer à mieux saisir et comprendre le monde. L’intérêt qu’elle porte aux causes du monde et son choix pour le droit international public, pour finir ses études, en Sorbonne la ramène, très fière, à l’élection récente d’un compatriote portugais de valeur, António GUTERRES, à la tête de l’O.N.U. et, par la suite sa vie professionnelle dédiée à l’Europe et son administration, depuis 2002, ne l’auront pas éloignée de Metz, cependant, pour servir sa ville de naissance et de cœur et ses habitants,« à jamais », dit-elle. En entrant dans le milieu politique, elle prend très rapidement conscience qu’il s’agit d’un monde très masculin. Pour une femme engagée, «sans cesse, il s’agit de gagner la confiance hiérarchique essentiellement masculine », me confie Nathalie. « C’est en sourdine,  mais la guerre des genres existe bel et bien autant qu’elle côtoie une autre guerre, celle des générations ». D’après Nathalie le féminisme a des chances uniquement si ce combat est mené par des hommes et des femmes, à parts égales. « La démocratie appartient à tout le monde. C’est un morceau de chacun. Chacun a sa responsabilité. Les citoyens doivent être attentifs, intéressés, préoccupés de la vie que nous avons en commun. Il ne faut pas laisser la démocratie à des gens dangereux. Les femmes ont toujours joué des rôles déterminants dans l’histoire de leur maison, de leur village, de leur ville, de leur pays, etc. Elles savent faire face au pire comme au meilleur. Il n’y a aucune raison de lâcher ».

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Inès Corinto

Author Inès Corinto

Ines CORINTO est une jeune une jeune artiste qui s’exprime au travers de différentes formes artistiques(vidéo, danse, performance, écriture, etc.). Pour elle tout a commencé très tôt. Son premier amour a été l’écriture et suivi de très près par la danse qu'elle a découverte à l’âge de 5 ans. Elle a découvert le goût de la peinture en 2015 quasiment en même temps que la découverte des performances artistiques.

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