Portraits de femmes : Sandrine Knaff

Inès Corinto

     

           J ai fait la connaissance de Sandrine Knaff grâce à une amie qui m’a mise en contact avec elle. Cette rencontre a commencé par quelques échanges virtuels, puis nous nous sommes rencontré au Grand Comptoir de Metz. Une rencontre commence bien avant l’échange des premiers mots. Elle était là sur la terrasse de la brasserie avec des amis. Des éclats de sourires, mêlés à un parfum de convivialité sont les premières notes que j’ai entendu. Alors qu’elle échange avec le photographe je me questionne : pourquoi ce lieu ? Ce choix a en effet du sens comme tous ceux que Sandrine a pu faire jusque là. Nous sommes à la table d’ une brasserie, un lieu qui brasse du monde différent. Cette introduction n’est autre que le concentré de ce qui l’anime. 

           Sandrine a 46 ans, elle est maman d’une petite fille. Avec une authenticité des plus directes elle me dit qu’elle vit actuellement une mutation personnelle allant de paire avec une mutation socioprofessionnelle se justifiant par la nécessité qu’elle ressent d’écouter ses convictions profondes. Elle est la fille d’un couple très dynamique d’ouvriers textiles vosgiens. Elle grandit entre un père syndicaliste à l’esprit constructif et une mère très animée par la lutte contre les injustices. Elle se souvient d’un des combats de sa mère que cette dernière a livré pour que les travailleurs immigrés, des voisins et collègues, puissent aussi avoir des toilettes et une salle de bains à l’intérieur des logements qu’ils habitaient dans les cités ouvrières. Ainsi Sandrine a pu vivre des moments de partage entre les différentes cultures.

           Quelles sont les convictions qui animent Sandrine Knaff ? Elle croit intimement qu’une entreprise a nécessairement une vocation sociale au sens où elle appartient à un territoire qu’elle doit contribuer à développer. De formation initiale en marketing, elle a obtenu aussi une licence en administration publique. Elle devint ensuite formateur en développement personnel et marketing, ce qui la passionnera durant 5 années. Puis, direction le Luxembourg, où elle a travaillé pour différentes entreprises dans des postes de développement commercial et de direction. Tout au long de son parcours professionnel, elle a cherché à proposer sa vision de l’entreprise qui se veut être humaniste et sa manière de travailler, c’est à dire une manière horizontale avec pour but de valoriser les compétences de chacun. Malheureusement, cela n’a pas toujours été accueilli de façon positive et bienveillante car ces questionnements nécessitent des remises en question ainsi que des changements en profondeur. Elle me dit alors :  » On dérange l’ordre établi quand on veut faire changer les choses pour gagner en qualité et en efficience, ce qui nous est toujours demandé. Le changement s’arrête souvent aux doigts de pieds de ceux qui le mandatent « . Beaucoup de personnes souhaitent du changement dans leurs vies mais refusent de changer eux-mêmes.

           2012 marque le début d’un nouveau chemin. Elle a préparé un MBA (Master In Business Administration)  en Développement Durable et Responsabilité Sociale des Organisations. C’est à cette époque qu’elle intègre un centre de recherche luxembourgeois pour une mission qu’elle a choisi sur la thématique de l’intégration professionnelle. Elle a souhaité obtenir cette spécialisation de haut niveau afin de pouvoir aider les Organisations à se transformer pour devenir responsables socialement, économiquement , écologiquement et leur permettre ainsi de durer tout en impactant positivement leur territoire et, plus généralement, de contribuer à une société plus respectueuse des Droits Humains.

           Sandrine est une femme qui adore rire parce que « c’est bon pour la santé ». Elle pense que l’humour est essentiel pour une prise de recul sur nos propres dérives individuelles et de société. Aujourd’hui elle a « l’ambitieuse ambition » de vouloir « inverser les pôles d’une logique sociale exclusive vers une société systématiquement inclusive » par le développement de l’appropriation individuelle de la notion de responsabilisation. La somme des « Minorités » est plus importante que la part de l’Humanité qui domine (l’homme blanc (masculin)-hétéro-chrétien-valide-actif)… Elle souhaite contribuer à sa façon, à ce nécessaire changement de paradigme car elle ne veut pas de ce monde violent ni pour sa fille ni pour aucun autre enfant dans le monde.

 Elle recommande la lecture des Accords Toltèques de Don Miguel Ruiz où il est question de non jugement, d’arrêter de culpabiliser et de se victimiser pour prendre le chemin de la responsabilisation individuelle grâce au seul questionnement qui vaille : comment JE peux AGIR ?

Inès Corinto

Crédits photo : Wuw

Inès Corinto

Author Inès Corinto

Ines CORINTO est une jeune une jeune artiste qui s’exprime au travers de différentes formes artistiques(vidéo, danse, performance, écriture, etc.). Pour elle tout a commencé très tôt. Son premier amour a été l’écriture et suivi de très près par la danse qu'elle a découverte à l’âge de 5 ans. Elle a découvert le goût de la peinture en 2015 quasiment en même temps que la découverte des performances artistiques.

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